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Photographe culinaire sur le Bassin de Thau : chez Mer and Co, à Balaruc-les-Bains, l’assiette a du caractère

Photo du rédacteur: Emeline & Clément
Emeline & Clément
25 oct.
9 min de lecture

Un saladier en inox, dans une cuisine de Balaruc-les-Bains.


Dedans, des fleurettes de brocoli violet trempent dans un jus couleur prune. Une main tatouée plonge pour en attraper une poignée.


Emeline déclenche.


Fleurettes de brocoli violet dans un saladier en inox, en cuisine chez Mer and Co à Balaruc-les-Bains

C’est la toute première image de notre séance chez Mer and Co, un lundi de janvier 2024. À quelques mètres de là, dans la salle, Frida Kahlo nous observe depuis les coussins, sourcils joints et fleurs dans les cheveux.


Pas de doute : on n’est pas dans un bistrot comme les autres.


Moins d’une heure et demie plus tard, trois assiettes étaient passées devant l’objectif. Une rose qui ne fanera pas, un thon qui a pris feu, un plat tout en couleurs servi sur sa planche.


Être photographe culinaire sur le Bassin de Thau, c’est souvent ça : entrer dans un univers qui existe déjà, très fort, et le faire tenir dans une image sans rien abîmer.


Voici comment nous l’avons fait chez Kim Egloff. Et ce que vous pouvez en retenir si votre restaurant, lui aussi, a du caractère.


Mer and Co, c’est quoi au juste ?


Un restaurant bistronomique de Balaruc-les-Bains, au 26 avenue du Port, tenu par la cheffe Kim Egloff. Sa cuisine du marché va chercher les petits producteurs et le circuit court, et le thon rouge de Méditerranée y tient une belle place. Le tout dans une déco colorée qui rend hommage à Frida Kahlo.


En octobre 2024, Midi Libre la présentait comme la plus jeune Toque blanche de France.


Sur Instagram, la maison se dit bistronomique et bohème. Nous, on le résumerait ainsi : une cheffe au tempérament rock, une déco décalée, un vrai univers. Et une cuisine de caractère.


Des tables en marbre blanc, des lampes dorées en forme de champignon, des poissons qui se balancent au bout de leur fil, des assiettes à motifs bleus. Et Frida, encore et toujours.


Table dressée chez Mer and Co à Balaruc-les-Bains : planche de la cheffe, lampe dorée, cocktail et assiettes à motifs

Pour un photographe, c’est un cadeau. Et un piège.


Un cadeau, parce que tout raconte déjà quelque chose. Un piège, parce qu’avec autant de couleurs, l’assiette peut vite se perdre dans le décor.


On y revient un peu plus bas.


Balaruc-les-Bains, une ville qui a toujours aimé la chaleur ?


Oui, et depuis très longtemps. Balaruc-les-Bains est la première station thermale de France, avec quelque 52 000 curistes par an. Ses eaux chaudes étaient déjà connues des Romains, qui y avaient élevé un sanctuaire dédié à Neptune et à ses Nymphes.


Neptune. Le dieu de la mer.


Mer and Co n’a donc rien inventé : à Balaruc, la mer avait son culte bien avant d’avoir sa carte.


La légende va plus loin encore. La station raconte qu’Athéna aurait fait jaillir des sources chaudes pour qu’Héraclès s’y repose de ses travaux. Les anciens thermes Athéna et Hespérides lui doivent leur nom.


Le plus drôle, c’est que la commune, elle, est presque jeune. Balaruc-les-Bains n’existe en tant que telle que depuis une loi de décembre 1886, qui l’a séparée de Balaruc-le-Vieux.


Et puis il y a cette anecdote qu’on adore.


Joseph-Michel Montgolfier, l’un des deux frères inventeurs de la montgolfière, s’est éteint à Balaruc-les-Bains le 26 juin 1810.


Eau chaude, air chaud… et maintenant thon flambé. Décidément, à Balaruc, on a un faible pour tout ce qui chauffe.


Branche de romarin enflammée sur un pavé de thon, plat de Mer and Co photographié sur fond sombre

Balaruc, on commence à bien la connaître. Nous y avons aussi photographié des noces d’or au bord d’une piscine et le repas des seniors de la ville, comme nous le racontons dans nos séances photo et fêtes de famille à Balaruc-les-Bains.


Photographe culinaire sur le Bassin de Thau : comment raconter un restaurant qui a déjà un univers ?


En ne rajoutant rien. Pas de fond neutre ni d’accessoires apportés de chez nous : le décor de la maison, la lumière de la salle et les gestes de la cuisine suffisent. Tout le travail consiste à choisir ce qu’on garde dans le cadre, et ce qu’on laisse en dehors.


Dans un restaurant à la déco sage, Emeline, formée au design culinaire, apporte parfois une planche, un tissu, une touche de couleur. Pour un produit, il lui arrive même de sortir dans la rue, comme avec ces tielles sétoises posées sur une barque, le long d’un canal.


Chez Mer and Co, l’enjeu était inverse : garder le décor sans le laisser manger l’assiette.


Un coussin de trop, une lampe qui attire l’œil, un verre mal placé, et c’est la déco qui gagne. Le bon cadrage, c’est celui où l’on reconnaît le lieu… mais où l’on a d’abord faim.


Dans ce genre d’endroit, trois réflexes nous servent toujours :


  • commencer par le produit brut, en cuisine ;

  • photographier chaque assiette de près, puis dans sa salle ;

  • garder une ou deux images où l’assiette et le décor se répondent.


C’est exactement le chemin de cette séance.


Pourquoi commencer en cuisine, par un brocoli violet ?


Parce que le produit brut raconte la cuisine avant l’assiette. Une couleur, une matière, un geste : ces premières images montrent ce que le client ne voit jamais, et elles posent le ton du reportage. Chez Mer and Co, le brocoli violet et l’endive rouge ont ouvert le bal.


Avant d’être dressé, le brocoli trempe. Avant de devenir un pétale sur une planche, l’endive n’est qu’une feuille veinée de rouge.


Feuilles d’endive rouge veinées de rose, en cuisine chez Mer and Co à Balaruc-les-Bains

Et puis il y a cette main.


Tatouée, sûre d’elle, plongée dans le saladier. Celle-là, nous l’avons gardée en noir et blanc : sans la couleur, il reste le geste. Et un peu de rock.


Main tatouée qui attrape du brocoli dans un saladier, photo en noir et blanc en cuisine chez Mer and Co

Ce genre d’image ne fait pas saliver, et ce n’est pas son rôle. Elle donne de la personnalité à votre communication : sur une page « Notre cuisine », en tête d’une publication, entre deux photos de plats.


Vous vous demandez quelles images prévoir pour votre propre maison ? Nous avons fait la liste dans notre guide des photos utiles pour communiquer sur un restaurant.


Première assiette : une rose qui ne fanera pas ?


Une rose de poisson orange vif, une pâquerette au cœur, des pétales d’endive rouge, du brocoli violet, du cresson, des myrtilles et quelques grains de grenade, sur une planche de bois. Une assiette pensée comme un bouquet, qu’Emeline a photographiée sous toutes ses coutures, du plan large au très gros plan.


Plan large d’abord : la planche, le marbre, un verre juste à côté.


Rose de poisson orange et pétales d’endive rouge sur une planche en bois, assiette de Mer and Co

Assiette bistronomique de Mer and Co à Balaruc-les-Bains : rose de poisson, endive rouge, brocoli violet et cresson

Puis on se rapproche.


À cette distance, chaque élément devient un personnage. La rose au centre, les pétales d’endive dressés comme des flammes, le brocoli violet qui fait le lien avec la cuisine.


Planche de Mer and Co sur une table en marbre, verres ciselés et vaisselle à motifs, à Balaruc-les-Bains

Rose de poisson ornée d’une pâquerette, brocoli violet et pétales d’endive, gros plan chez Mer and Co

Gros plan sur le brocoli violet, les baies et les pignons d’une assiette de Mer and Co

Et tout près, presque à hauteur de fourchette, on découvre ce qu’on ne voyait pas : les pignons, la sauce verte, les grains de grenade qui brillent.


Grains de grenade, pignons et sauce verte au pied de la rose de poisson, assiette de Mer and Co

Rose de poisson orange, pâquerette et pétales d’endive rouge, assiette de la cheffe Kim Egloff

Petite parenthèse.


Deux ans et un jour plus tard, le 30 janvier 2026, Emeline a recroisé la cuisine de Kim Egloff à Montpellier, au festival de la Sainte Tartine. Sa création : une rose de gravlax de mulet de Méditerranée, des pétales d’endive carmine et une vierge de grenade, sur une brioche à l’huile d’olive.


La rose était toujours là. Les pétales d’endive aussi.


C’est souvent comme ça qu’on reconnaît une signature. Cette soirée est racontée dans notre reportage photo à la Sainte Tartine 2026, à Montpellier.


Et Frida Kahlo, dans tout ça ?


Elle est partout, et c’est voulu. Coussins verts à son effigie, couleurs franches, poissons suspendus, lampes dorées et assiettes à motifs : la déco de Mer and Co rend hommage à la peintre mexicaine. Pour nous, c’était l’occasion d’une image où l’assiette et le décor se parlent.


Petit rappel pour ceux qui ont séché le cours d’histoire de l’art.


Frida Kahlo est née en 1907 à Coyoacán, près de Mexico, dans la maison familiale qu’on appelle la Casa Azul, la maison bleue. Elle y est morte en 1954. Entre les deux, une vie de douleurs et de couleurs, des autoportraits par dizaines et des natures mortes pleines de fruits.


Quelques jours avant sa mort, elle a inscrit trois mots sur une tranche de pastèque, dans un tableau commencé quelques années plus tôt : « Viva la vida ». Vive la vie.


Difficile de trouver meilleure devise pour une cuisine aussi colorée.


Table en marbre, poissons suspendus et coussin vert chez Mer and Co, restaurant de Balaruc-les-Bains

Pour faire dialoguer les deux, rien ne vaut une vue du dessus.


Tout s’aligne : le marbre blanc au centre, les deux planches côte à côte, et Frida de chaque côté, sur les coussins verts. L’assiette reste la vedette. Le décor signe l’image.


Vue du dessus de deux planches de Mer and Co sur le marbre, entre des coussins verts à l’effigie de Frida Kahlo

C’est typiquement l’image qu’un restaurant peut utiliser partout : en couverture de sa fiche Google, sur son site, en tête de son compte Instagram. On reconnaît la maison en une seconde.


Deuxième assiette : comment photographier une flamme ?


En étant prêt avant qu’elle ne s’allume. Une flamme ne dure que quelques secondes : le cadre est choisi, la lumière réglée, et Emeline déclenche dès que le feu prend. Chez Mer and Co, trois images en onze secondes, puis la fumée, et c’était fini.


L’assiette : un épais pavé de thon rouge façon Rossini, coiffé de foie gras et d’une branche de romarin, posé sur une purée orange avec quelques pignons.


On enflamme le romarin.


Flamme et fumée au-dessus d’un pavé de thon au romarin, photographié chez Mer and Co à Balaruc-les-Bains

Thon rouge flambé au romarin sur une planche en bois, fond sombre, chez Mer and Co

Sur fond sombre, la flamme dessine l’image à elle seule. Le romarin crépite. On sentirait presque l’odeur à travers l’écran.


Puis tout retombe. On se rapproche.


Pavé de thon rouge façon Rossini, foie gras et romarin sur purée orange, chez Mer and Co

Gros plan sur le thon façon Rossini de Mer and Co, foie gras, romarin et pignons

Thon, foie gras et romarin sur une purée orange, plat de la cheffe Kim Egloff à Balaruc-les-Bains

Dernière étape : la fourchette. Couper le thon devant l’objectif, c’est montrer la cuisson, la texture, le moelleux. C’est souvent l’image qui fait craquer sur les réseaux.


Fourchette et couteau qui découpent un pavé de thon rouge façon Rossini chez Mer and Co

Pavé de thon rouge entamé, cuisson visible, au restaurant Mer and Co à Balaruc-les-Bains

Bouchée de thon et de purée orange au bout de la fourchette, chez Mer and Co

Ce jour-là, Emeline était venue seule, pour la photo.


Aujourd’hui, Clément viendrait filmer avec elle. Une flamme, c’est le moment rêvé pour la vidéo : quelques secondes de feu, le crépitement du romarin, la fumée qui s’enroule. Un format court tient tout entier là-dedans.


Emeline à la photo, Clément à la vidéo, un seul interlocuteur pour les deux. Pour voir ce que ça donne derrière les fourneaux, il y a notre reportage photo et vidéo en cuisine au Thaï de Castigno.



Troisième assiette : faut-il la photographier de loin ou de près ?


Les deux, car les images ne servent pas à la même chose. De loin, le plat sur sa table raconte l’ambiance du lieu : c’est l’image du site et de la fiche Google. De près, les textures et les couleurs donnent faim : c’est l’image des réseaux sociaux.


Troisième plat, servi lui aussi sur une planche de bois. Fines tranches saisies, graines de sésame, purée orange en virgules, pâquerettes, brocoli violet et petites tomates.


Sur les plans larges, on garde la lampe dorée, les verres ciselés, une chaise en bois au fond. On devine le service, les conversations, le bistrot.


Plat de la cheffe Kim Egloff servi sur une planche en bois, table en marbre, lampe dorée et carafe, chez Mer and Co à Balaruc-les-Bains

Deux plats de Mer and Co servis côte à côte sur une table en marbre, à Balaruc-les-Bains

Ambiance de bistrot chez Mer and Co : plat servi sur planche, lampe dorée et verres ciselés

Puis on descend à hauteur d’assiette.


Là, plus de lampe ni de chaise : seulement la matière. Le sésame accroche la lumière, la purée fait des vagues, la pâquerette joue les vedettes.


Plat de Mer and Co servi sur planche, vu de près : tranches saisies, purée orange, brocoli violet et pâquerettes

Tranches saisies au sésame, pâquerette et brocoli violet, plat servi sur planche chez Mer and Co

Gros plan sur des tranches saisies et des graines de sésame, planche de Mer and Co à Balaruc-les-Bains

Planche colorée de la cheffe Kim Egloff : tranches saisies, purée orange, brocoli violet et pâquerette

Combien de temps faut-il pour photographier la carte d’un restaurant ?


Moins qu’on ne le croit, si tout est prêt. Chez Mer and Co, trois assiettes, la cuisine et la salle ont tenu en moins d’une heure et demie. Ce qui fait gagner du temps : des plats envoyés un par un, dans un ordre décidé à l’avance, et un créneau calme.


Si vous préparez une séance dans votre restaurant, quelques repères :


  • choisissez un moment tranquille, avant ou après le service, ou un jour de fermeture ;

  • envoyez les assiettes une par une, dans l’ordre où vous voulez les voir photographiées ;

  • prévenez-nous s’il y a un geste spectaculaire, une flamme, une sauce versée, une découpe : on sera prêts ;

  • dites-nous où les photos vont vivre (site, fiche Google, Instagram, carte imprimée), car cela change les cadrages.


Et si votre maison mise surtout sur la soirée et l’ambiance, voyez comment nous avons raconté un réveillon à thème dans un restaurant de Sète.


Vous tenez un restaurant sur le Bassin de Thau, à Montpellier ou à Béziers ?


Nous photographions et filmons les restaurants à Sète, sur tout le Bassin de Thau, à Montpellier, à Béziers, à Pézenas et partout dans l’Hérault. Bistrot, table bistronomique, cave à manger ou paillote : nous venons chez vous, au moment qui vous arrange.


Autour de l’étang, de Balaruc-les-Bains à Marseillan, en passant par Bouzigues, Loupian et Mèze, chaque table a son produit et son paysage. Nous travaillons aussi comme photographe et vidéaste à Frontignan, comme photographe et vidéaste à Montpellier et comme photographe et vidéaste à Béziers.


Toute notre approche est présentée sur notre page photographe et vidéaste culinaire à Sète et sur le Bassin de Thau. Et pour savoir à qui vous aurez affaire, faites connaissance avec notre duo.


Pensée jaune et violette posée sur une assiette de Mer and Co, détail de dressage

Vos questions sur la photo culinaire au restaurant


Combien de temps dure une séance photo culinaire dans un restaurant ?


Cela dépend du nombre de plats et des espaces à photographier. Pour trois assiettes, la cuisine et la salle, comptez environ une heure et demie : c’est le temps qu’il nous a fallu chez Mer and Co, à Balaruc-les-Bains. Pour une carte plus longue, nous prévoyons plus large, toujours hors du coup de feu.


Faut-il fermer le restaurant pendant la séance ?


Pas forcément. Le plus simple reste un créneau calme : avant le service, après, ou un jour de fermeture. La cuisine envoie alors les assiettes une par une, sans pression, et la salle reste libre pour les plans larges. Si vous voulez des images de service, nous venons au contraire pendant le coup de feu.


Proposez-vous aussi la vidéo pour les restaurants ?


Oui. Emeline photographie, Clément filme, avec un seul interlocuteur pour les deux. Une flamme, une sauce qu’on verse, une découpe : la vidéo garde le mouvement et le son que la photo suggère. Vous recevez des formats courts pour vos réseaux, avec les mêmes couleurs et la même histoire que vos photos.


Vous déplacez-vous autour de l’étang de Thau ?


Oui. Basés à Sète, nous intervenons à Balaruc-les-Bains, Balaruc-le-Vieux, Frontignan, Bouzigues, Loupian, Mèze, Marseillan et sur tout le Bassin de Thau, mais aussi à Montpellier, à Béziers, à Pézenas et partout dans l’Hérault. Restaurant, cave, paillote ou food truck : nous venons chez vous.


Et votre restaurant, il a quel caractère ?


Rock, bohème, sage, iodé, familial ? Tant mieux. Il n’y a pas de mauvaise réponse, seulement des images qui vous ressemblent… ou pas.


Racontez-nous votre maison, votre carte et ce que vous aimeriez montrer.


Comme l’a écrit Frida sur sa pastèque : « Viva la vida ». Et vive les bonnes tables.



Mer and Co : 26 avenue du Port, 34540 Balaruc-les-Bains. Pour suivre la cuisine de Kim Egloff : son compte Instagram.


Emeline & Clément

Duo Photo & Vidéo Culinaire

Sète, Bassin de Thau, Hérault

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